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Régis Labeaume - Maire de Québec depuis 2007

4 juillet 2013 - Par Donald Charette

Il n'aura fallu que quelques années à Régis Labeaume pour s'imposer sur la scène politique et devenir le maire le plus connu du Québec.

 

La mort prématurée de la mairesse Andrée P. Boucher, en août 2007, va catapulter la carrière de celui qui était, jusque-là, un illustre inconnu du grand public. Dans la course à la succession de Mme Boucher à la mairie, ils sont 15 sur les blocs de départ, la course à la mairie la plus convoitée du Québec. Régis Labeaume fait figure de négligé devant de grosses pointures comme Ann Bourget, qui dirige le Renouveau municipal de Québec (RMQ) et ses 23 conseillers, Claude Larose, Pierre Dolbec, Marc Bellemare... Le 2 décembre 2007, Régis Labeaume, qui s'est présenté comme indépendant, crée néanmoins l'évènement et l'emporte avec 59 % des voix !

Le parcours de Régis Labeaume le destinait plutôt vers la politique provinciale. Natif de Roberval, il a fait des études en sociologie à l'Université Laval avant de plonger dans le monde des affaires. Il a tour à tour occupé les postes de PDG à la Fondation de l'entrepreneurship, chargé de mission de la Cité de l'Optique et vice-président du conseil d'administration d'Innovatech... C'est toutefois l'aventure dans la minière Mazarin qui assurera son indépendance financière.

Le futur politicien est proche du Parti québécois (PQ) et, dans les années 1980, il sert comme attaché politique. En 1998, il tente sa chance à l'investiture du PQ dans Montmorency, mais mord la poussière contre Jean-François Simard. « Lucien Bouchard cherchait un ministre pour la région et on m'avait dit qu'il n'y aurait pas de convention... », rappelle Régis Labeaume en entrevue avec le magazine PRESTIGE.

L'intérêt pour la politique municipale se manifeste en 2005, alors qu'il se lance dans la course à la direction du RMQ. Au premier tour, il obtient 45 % des votes, mais l'alliance Ann Bourget-Claude Larose scelle sa défaite. « Ç’a été une bonne affaire », dit avec le recul celui qui était un outsider au RMQ. « Il aurait fallu que je vive avec l'establishment du parti ; j'aurais beaucoup souffert », analyse-t-il.

D'autant que, deux ans plus tard, il deviendra le maire incontesté, sans attache de parti. Il admet du même souffle qu'il n'aurait pas été très à l'aise à titre de député, un peu trop « indépendant » d'esprit. « Ce n'était pas un cheminement planifié. J'ai eu la piqûre de la politique municipale avec la course au RMQ. J'étais disponible, je voulais donner un coup de pied au derrière à ma vie et c'était aussi par amour pour la ville. » Un pari un peu insensé, dans la mesure « où j'arrivais de nulle part, je n'avais rien pour moi et je me présentais comme indépendant. Dans les sondages j’obtenais 2 % des votes ». Alors que ses adversaires, dit-il, avaient l'étoffe pour diriger des villes importantes au Québec.

UNE MAJORITÉ ÉCRASANTE

Le maire Labeaume est réélu lors d'une élection générale le 1er novembre 2009, et sa popularité prend la forme d'un score de 79,7 %, doublé de l'élection de 25 conseillers municipaux sur 27. Un mandat fort, qui lui permet d'imposer sa ligne d’action et son style unique.

Le soir des élections, le 9 novembre 2009, en entrevue avec le journaliste Pierre Jobin, à TVA.

Le soir des élections, le 9 novembre 2009, en entrevue avec le journaliste Pierre Jobin, à TVA.

Les Québécois découvriront rapidement un maire hyperactif, allergique à la langue de bois, aussi capable d'emballements successifs. Il fait la joie des journalistes avec ses déclarationschocs ainsi que le délice des caricaturistes. On pourrait constituer une anthologie de ses déclarations les plus fracassantes.

Régis Labeaume prend le pouvoir au moment où Québec sort d'une période déprimante. Il sera associé, à tort ou à raison, à la nouvelle vigueur de Québec, qui se matérialise après le succès des Fêtes du 400e anniversaire de la ville. Sous son administration, Québec décide de prolonger l'effet 2008 et d'investir des millions dans le Moulin à images et le Cirque du Soleil. Le maire Labeaume veut faire de Québec une ville qui vibre, qui retient les jeunes et qui attire des gens de l'extérieur.

 

Une effervescence monstre régnait à l'hôtel de ville de Québec le 1er mars 2011, lorsque Régis Labeaume et Pierre Karl Péladeau ont annoncé l'entrée en scène de Québecor Media dans l'entente entourant la gestion et la dénomination du nouvel amphithéâtre.

Une effervescence monstre régnait à l'hôtel de ville de Québec le 1er mars 2011, lorsque Régis Labeaume et Pierre Karl Péladeau ont annoncé l’entrée en scène de Québecor Media dans l'entente entourant la gestion et la dénomination du nouvel amphithéâtre.

Après une saga politique qui a failli déboulonner Pauline Marois, le projet d'un amphithéâtre de 400 millions de dollars, financé à moitié par le gouvernement, lève de terre. Quand on lui parle de ses réalisations, le maire Labeaume parle de 2008 et de l'amphithéâtre, bien sûr, mais il affirme que ce qui le rend le plus fier, « c'est l'organisation du territoire ». Son legs, il souhaite que ce soit « des finances saines, une dette en baisse, une réduction du personnel ». Il rêve toujours de faire de Québec une ville « entrepreneuriale ».

 

Le 10 février 2011, lors de l'annonce du gouvernement du Québec de financer le projet de l'amphithéâtre de Québec. En compagnie du premier ministre de l'époque, Jean Charest, de Sam Hamad, alors ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, et de Mario Bédard, président du groupe « J'ai ma place ».

Le 10 février 2011, lors de l’annonce du gouvernement du Québec de financer le projet de l’amphithéâtre de Québec. En compagnie du premier ministre de l’époque, Jean Charest, de Sam Hamad, alors ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, et de Mario Bédard, président du groupe « J’ai ma place ».

LE STATUT DIPLOMATIQUE DE QUÉBEC

Régis Labeaume est bien conscient de s'inscrire dans une lignée de maires qui ont du caractère et du panache, des « forts en gueule » qui ne reculent pas devant la controverse. « Je crois que ça tient au fait que les gens de Québec sont fiers. « Fiers pets » même. La Ville possède un côté semi-régional, des citoyens qui viennent de la Côte- Nord, du Lac-Saint-Jean… la fierté du petit par rapport au plus gros. »

Selon lui, il existe un lien entre le caractère bien trempé de nos anciens maires et le fait qu'ils demeurent en poste longtemps. Québec est aussi la capitale et jouit, selon lui, d'un statut diplomatique enviable. « Jean Pelletier m'avait dit : « Vous êtes plus que le maire de Québec » et il avait raison. La ville jouit d'un statut diplomatique particulier, en raison de son histoire. C'est particulièrement vrai avec les Européens. J'ai reçu à mon bureau le président de la France, mais aussi tous les ambassadeurs qui viennent à Québec. »

 

Le 3 juillet 2011, lors de la visite du prince William et de son épouse Kate Middleton à l'hôtel de ville de Québec. Cérémonie du Droit de cité, en l'honneur du Royal 22e Régiment.

Le 3 juillet 2011, lors de la visite du prince William et de son épouse Kate Middleton à l’hôtel de ville de Québec. Cérémonie du Droit de cité, en l'honneur du Royal 22e Régiment.

En novembre prochain, Régis Labeaume en sera à sa troisième élection, mais à un « mandat et demi » comme il dit. Il refuse de regarder plus loin dans son plan de carrière. À 57 ans, il est encore jeune.

Sur le plan personnel, il juge faire preuve de plus de maturité qu'à ses débuts et être moins « colérique », même s'il a encore la mèche plutôt courte. Régis Labeaume est un personnage entier, adulé par une large partie de la population et descendu en flammes par ses ennemis. Oublié, l'inconnu de 2007. Il est devenu une vedette médiatique qui fait danser les politiciens qui paradent dans son hôtel de ville.

 

PHOTOS : ARCHIVES DE LA VILLE DE QUÉBEC

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