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Québec, ville de cinéma et de télévision

3 avril 2017 - Par Paméla Egan

SUR LA PHOTO : Parallaxes en tournage

Bon an, mal an, la ville de Québec se taille une place de plus en plus importante au sein de l’industrie cinématographique et télévisuelle, tant à l’échelle provinciale qu’à l’échelle internationale. Certes, le milieu comporte beaucoup d’artisans et le financement reste un défi, mais la région est sur la bonne voie.

Une industrie somme toute en bonne santé
Malgré la bonne volonté des intervenants du milieu, il est difficile de brosser un portrait complet de l’industrie cinématographique et télévisuelle de Québec. Le milieu demeure compartimenté et segmenté. La Table de concertation de l’industrie du cinéma et de la télévision de la Capitale-Nationale, créée en juin 2016, s’est d’ailleurs donné pour mission de découvrir le profil de cette industrie.

Selon les données recueillies par la Table et diffusées l’automne dernier, la part de la Capitale-Nationale dans la production cinématographique et télévisuelle sur l’ensemble du Québec représentait 5,3 % en 2013. Cette part de marché peut sembler bien mince, mais elle est supérieure à ce que la Table anticipait et elle progresse à un rythme intéressant. Par genre, les productions se répartissent ainsi :
- 3,2 % : fiction et animation ;
- 4,8 % : documentaire ;
- 10,1 % : magazine et variétés.

« Le produit intérieur brut de la Capitale-Nationale équivaut à 10 % de celui de la province ; la Table estime qu’il est réaliste de pouvoir atteindre 10 % du volume de la production québécoise produite par des producteurs établis dans la Capitale-Nationale et détenant la propriété de leurs projets », affirme Mme Nancy Florence Savard, présidente de la Table et fondatrice de Productions 10e Ave.

« Il n’est pas facile de faire du cinéma à l’extérieur de la métropole ; j’ai l’impression que l’industrie d’ici se serre les coudes pour faire en sorte que le milieu soit dynamique et solidaire. »

Le soutien de la Ville de Québec
Le Bureau des grands événements de la Ville de Québec mise d’ailleurs sur la diversité de lieux de tournage pour attirer les équipes de production. L’organisme a délivré des permis de tournage pour 78 projets en 2016, ce qui correspond à 279 jours de tournage. Ces permis sont principalement demandés pour des productions d’émissions de télé, des publicités et des vidéos d’entreprises.

L’apport de la Ville de Québec est considérable, du point de vue tant de la valorisation que des finances. Pour attirer des équipes de productions étrangères, la Ville travaille en partenariat avec le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ) ainsi que l’Office de tourisme de Québec. La Ville de Québec offre d’ailleurs des incitatifs financiers afin de stimuler l’industrie cinématographique locale, régionale et étrangère.

Le secret de la réussite : la diversification
Pour réussir, en règle générale, on doit avoir plus d’une corde à son arc. QuébéComm, par exemple, se définit désormais comme une entreprise de création ; elle propose du divertissement en humour et en musique et elle exploite son contenu sur de multiples plateformes, dont la télévision. L’entreprise est notamment derrière LOL ComediHa !, Complexe G et la captation de Toruk du Cirque du Soleil au Centre Vidéotron.

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La captation de Toruk du Cirque du Soleil, produit par Québécomm

Productions 10e Ave a marqué le milieu cinématographique en présentant en 2013 le tout premier long métrage d’animation entièrement fait au Canada : La légende de Sarila. Soulignons qu’un film d’animation donne deux ans de travail aux artisans de la région au moment de sa production, ce qui est important et très structurant pour la région. Même si l’entreprise est l’un des principaux chefs de file en animation à Québec, elle produit également des documentaires et des magazines télé.

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Nancy Florence Savard, Productions 10e Ave
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Le film La légende de Sarila, produit par Productions 10e Ave
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Le film d’animation Le coq de Saint-Victor, produit par Productions 10e Ave

Toujours dans le secteur de l’animation, Squeeze Studio Animation a pour sa part fait sa marque avec les capsules télé Cracké. L’entreprise se spécialise dans l’animation de personnages 3D pour les films, les jeux vidéo, les cinématiques, les séries télé et les publicités.

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Denis Doré et Patrick Beaulieu, Squeeze Studio Animation
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Le film d’animation Craqué, produit par Squeeze Studio Animation

De son côté, Torq Le Groupe, qui produit plusieurs magazines télé tels que RPM, RPM+, Aubaines & cie, ainsi que Trucs & cie, offre aussi une gamme complète de services de postproduction dans ses studios. L’entreprise mise également sur sa marque RPM avec son site Web, ainsi que sur L’Annuel de l’automobile avec RPM.

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Torq Le Groupe en tournage de l’émission RPM
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Torq Le Groupe en tournage de l’émission RPM+
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Torq Le Groupe en tournage de l’émission Aubaines & Cie avec l’animatrice Josée Turmel
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Torq Le Groupe en tournage de l’émission Trucs & Cie avec l’animateur Benoit Gagnon

Parallaxes, connue notamment pour Un film de chasse de filles, a pris récemment en main la distribution de certaines de ses œuvres, en plus de diversifier les genres cinématographiques qu’elle produit avec la fiction et le documentaire. En procédant de la sorte, l’entreprise a pu se développer à un rythme constant tout en maximisant les retombées des projets.

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Parallaxes en tournage

Enfin, MÖ FILMS se spécialise dans les longs métrages documentaires qui traitent d’enjeux d’actualité. Avec Asiemut et Québékoisie, ils ont pu présenter des ciné-conférences aux quatre coins du monde.

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Olivier Higgins et Mélanie Carrier, MÖ FILMS
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Le film Québékoisie produit par MÖ FILMS

Un milieu compétitif et solidaire
L’industrie cinématographique est un milieu compétitif. La rivalité semble plus ciblée entre Montréal et Québec qu’entre les différentes entreprises de la région. L’exode des talents en est un bon exemple. En effet, faute d’un volume de productions constant, plusieurs techniciens partent vers Montréal. Pourtant, les gens de talents sont présents. Il suffit de penser à l’expertise acquise au fil des ans dans le domaine des jeux vidéo, qui s’est répercutée dans les films d’animation.

« Il n’est pas facile de faire du cinéma à l’extérieur de la métropole, j’ai l’impression que l’industrie d’ici se serre les coudes pour faire en sorte que le milieu soit dynamique et solidaire », indique Mme Mélanie Carrier de MÖ FILMS.

Les salles de cinéma
Dans la région de Québec, il ne reste que sept cinémas en exploitation. Le Clap, qui célèbre son 30e anniversaire cette année, a su se démarquer en proposant une expérience différente des grandes chaînes de cinéma. Avec sept salles pouvant accueillir de 32 à 200 personnes à la fois, de 300 à 350 films sont projetés par année, dont une proportion d’environ 85 % sont des films d’auteur. Au Québec, les films restent habituellement à l’affiche moins de trois semaines. Au Clap, ils le restent en moyenne cinq à six semaines. Soulignons que Le Clap joue également un rôle clé dans la présentation des œuvres québécoises. En effet, en 2016, la presque totalité des 57 films produits au Québec y a été à l’affiche.

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Cinéma Le Clap

Mentionnons en terminant que plusieurs événements et festivals, comme le Festival de cinéma de la ville de Québec, favorisent la diffusion et le rayonnement des œuvres et des artisans talentueux d’ici.

À surveiller

Ça fourmille d’idées et de projets dans la Capitale-Nationale. En voici d’ailleurs quelques-uns…

- LOL ComediHa ! (QuébéComm)
- Ce que le monde porte en soi, ainsi que Eddy et Zac (MÖ FILMS)
- Crazy World, Troll, de même que Monkey Beat (Squeeze Studio Animation)
-  La Chute de Sparte et La Dérape (Parallaxes)
- Mission Yéti : les aventures de Nelly et Simon (Productions 10e Ave)

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