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Les écoquartiers dans le monde

2 mai 2017 - Par Johanne Tremblay

© BedZED, Angleterre.

Écoquartier. Des images nous viennent en tête au son de ce terme plurivoque. Même vagues, elles montrent des secteurs d’habitations verdoyants où s’installent citadins et jeunes familles à la recherche d’un cadre bâti de qualité et d’un milieu de vie urbain en accord avec leurs valeurs de développement durable. Opération de design ? Développement immobilier ? Pas que. L’écoquartier est (ou vise !) un milieu de vie complet et viable.

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Malmö, Suède.
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Portland, États-Unis.
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Lyon Confluences, Lyon - Les gens de la ville : les espaces publics du port Rambaud - septembre 2013 - Auteur (droit moral) : Laurence Danière - Droits d’exloitation : SPL Lyon Confluence - Concepteur(s) : Latz und Partners
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Lyon Confluences, Lyon - Temps des cerises 4ème édition (14-15 juin 2014) - Auteur (droit moral) - Laurence Danière - Droits d’exloitation
SPL Lyon Confluence
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Lyon Confluences, Lyon - Vue sur le bassin sud du parc de Saône (jardin aquatique Jean Couty) et sur les pavillons des Radios et des Salins (août 2012) - Auteur (droit moral) : Jérôme Boucherat - Droits d’exloitation : SPL Lyon Confluence - Concepteur(s) : AAMCO ; ADR Architectes ; Cap vert ; Jakob - Mac Farlane

Des normes et des ambitions adaptées
Si la tendance est récente au Québec, l’engouement pour les écoquartiers et leurs cousins se répand dans le monde depuis un bon moment. En Europe, les premiers sont construits dans les années 1990 avec l’intention de minimiser l’impact de l’habitat sur l’environnement par l’innovation en matière d’énergie et le recyclage du patrimoine bâti. C’est le cas de Vauban, en Allemagne et du BedZED, en Angleterre. Chacun a sa raison d’être, sa logique, sa personnalité et son niveau d’ambition. Plusieurs termes désignent ce qu’on appelle ici les écoquartiers ou s’en rapprochent et différents labels, appellations, chartes et certifications circulent : new urbanism, Smart Growth, One Planet, LEED AQ,

Collectivités EQuilibrium, EcoDISTRICTS, entre autres. Tous intègrent un nombre plus ou moins élevé de paramètres susceptibles de distinguer un écoquartier : adaptabilité, compacité, mobilité raisonnée, autosuffisance énergétique, mixité fonctionnelle, résilience, gestion environnementale du chantier, connectivité, optimisation des équipements et des infrastructures et, donc, du territoire.

« Si la tendance est récente au Québec, l’engouement pour les écoquartiers et leurs cousins se répand dans le monde depuis un bon moment. »

En France, où a été créé (2013) le label national ÉcoQuartier, le ministère de l’Écologie, du Développement durable, du Transport et du Logement convient de quelques règles d’or et de 20 ambitions réparties en quatre catégories : démarche et processus, cadre de vie et usages, développement territorial, préservation des ressources et adaptation aux changements climatiques. L’accessibilité à la culture, la réutilisation du patrimoine architectural et la conservation de la mémoire des lieux en font partie.

Partis de rien ? Rarement
En Europe, l’écoquartier a souvent vu le jour sur des terrains riches en patrimoines naturel ou industriel. Malmö, en Suède, a transformé une zone portuaire en quartier (en)viable. Les coeurs villageois, déjà connectés à leur environnement, s’y prêtent aussi fort bien, en ce qu’ils forment déjà un tout cohérent et ne requièrent que des interventions structurantes de mise à niveau et de mise en valeur.

L’écoquartier n’est donc pas l’apanage des nouveaux lotissements. Les projets sont souvent choisis pour résoudre des problèmes urbanistiques, revitaliser et relier entre eux des quartiers existants pour créer une trame plus efficace sur le plan des ressources. Le choix du site résulte donc d’une réflexion à l’échelle urbaine et sert la ville et l’ensemble de ses habitants.

L’intégration de nouvelles technologies et diverses initiatives européennes et locales ont également stimulé la création de ces quartiers originaux qui n’ont rien d’un copier-coller. Pendant que Bordeaux développe son Ginko, un projet immobilier misant sur la mixité, la ville de Marseille investit dans un programme de renouvellement urbain avec pour objectif de construire une véritable écocité labellisée par l’État.

La mobilité durable reste partout de mise. Copenhague compare même les coûts associés à la réalisation d’autoroutes à vélo et ceux épargnés en frais de santé ! Du côté américain, la ville de Portland, qui a mis en place, dès 2009, un réseau cyclable reliant tous les coeurs de quartier, a vu sa circulation devenir plus fluide. C’est d’ailleurs dans cet état de l’Oregon qu’ont été fondés le Portland Sustainability Institute et EcoDistricts, dont la vision dépasse aujourd’hui les frontières américaines.

L’ambition de l’intelligence et de la viabilité
À Lyon, un important projet immobilier, qui vise à étendre le centre-ville sur des friches industrielles adjacentes, doublera la superficie du centre-ville. Lancé à la fin des années 1990, Lyon Confluence raccorde rives et quartiers et articule son ambition d’une ville intelligente et durable conciliant exigences environnementales et anticipations des besoins futurs des usagers.

Au coeur de la démarche des aménageurs, qui travaillent avec des spécialistes de la santé, se trouvent la qualité de vie, les espaces publics qui lui sont nécessaires, y compris un objectif d’heures d’ensoleillement dans tous les logements, lequel guide la conception et l’implantation architecturale des bâtiments. Les programmes sont variés et mixtes et incluent la valorisation de la Saône et du Rhône et de la qualité des paysages. En plus de la création d’une large trame végétale et d’un parc ramifié, le projet fait la part belle aux transports en commun et aux piétons, ainsi qu’aux innovations techniques, environnementales et architecturales. Veillant à concevoir un
territoire à énergie positive, le projet est doté d’outils de suivi qui orientent les changements de comportements en matière de consommation, de mobilité et de gestion de l’ensemble.

Les nouveaux habitants et travailleurs profitent par ailleurs, dès leur arrivée, de commerces, services et équipements de proximité. Un découpage géographique et temporel du projet assure d’éviter l’éparpillement et le cloisonnement thématique et de nourrir les opérations futures du retour d’expérience des premières. La réalisation complète est prévue pour 2025.

Pour une ville durable, un quartier à la fois
La moitié de la population mondiale est désormais urbaine et la réponse aux
problèmes environnementaux ne peut qu’engager les villes, où l’étalement urbain et le développement monofonctionnel continuent de faire pression sur les milieux naturels et sur les individus. L’écoquartier offre une réponse à échelle humaine à cette réalité globale.

Tous ces espaces urbains dits écoresponsables s’accordent avec des principes qui se complètent mutuellement. Seule une approche intégrée des interventions peut en assurer l’efficacité et créer de véritables milieux de vie dynamiques, apaisés et accueillants.

EN SAVOIR PLUS ?
Au Québec, Objectif écoquartiers, une initiative de Vivre en ville, propose 33 principes aux décideurs et aux promoteurs pour les guider dans l’élaboration et la mise en oeuvre des projets.

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