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Les carrières d’avenir à Québec

2 octobre 2013 - Par Donald Charette

Avec un taux de chômage qui frise le plein emploi et les « boomers » qui se dirigent vers la sortie, ce ne sont pas les belles jobs qui vont manquer à Québec. La question est de savoir vers quel secteur doit se diriger celui qui amorce sa carrière.

 

D'emblée, Louis Gagnon, économiste principal chez Québec International, répond que les besoins en main-d’oeuvre se feront sentir dans tous les créneaux de l'économie, mais que ceux et celles qui se seront perfectionnés – une constante qui revient – seront choyés. La croissance de la population, qui se maintient à 1 %, fait rouler la région de Québec et déjoue les pronostics de l'Institut de la statistique du Québec. Cette croissance, il faut l'attribuer au boom des naissances (8 000 par année) et à une migration positive (3 000 nouveaux arrivants en moyenne par année). En parallèle, le fait que la population vieillit profitera, notamment, au domaine de la santé. Donnée non négligeable : Québec a éliminé l'écart salarial avec Montréal, « ce qui améliore le pouvoir d'attraction de la ville », note l'économiste.

 

Alain Kirouac, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, constate, non sans surprise, qu'il ne semble pas exister de projection des emplois demandés au-delà de... 2016. Il souhaiterait disposer de données qui vont jusqu'en 2025 et qui colleraient à la vision dévoilée récemment par la Chambre. Les besoins actuels, il peut les énumérer aisément.

 

Au premier chef : le secteur finances et assurances, dont le poids dans l'économie régionale est passé de 19 à 23 %. Puis, tout ce qui est relié aux TI, soit les technologies de l'information, est en mode embauche. Au troisième

« l'industrie gouvernementale ». « Ça va sortir dans les prochaines années, autant en ce qui concerne les cadres que le personnel administratif, et il faudra remplacer bien des postes en dépit de la règle du “un pour deux”, entre autres dans le domaine de la santé. » Quant au secteur de la haute technologie (pharmaceutique et photonique), il offre beaucoup d'occasions et il s'ajoute aux créneaux « qui tirent vers le haut ». Pour mesurer la vigueur de ces secteurs, évoquons leur progression en une décennie : 16 % pour le secteur « finances et assurances », 28 % pour les services et 21 % pour la santé.

 

QUATRE SECTEURS D’AVENIR À QUÉBEC :

1. Finances et assurances

2. Technologies de l'information

3. Services gouvernementaux

4. Pharmaceutique et photonique

 

Alain Kirouac mentionne qu'il ne faut pas négliger les manufactures, qui ont connu, malgré tout, une légère croissance depuis 10 ans. Selon lui, il faut faire une nuance entre pénurie et rareté de la main-d’oeuvre, et il incite les jeunes à considérer sérieusement une formation technique collégiale. « Nos jeunes ne sont pas attirés par ces emplois qui demandent un DEC (diplôme d’études collégiales), que ce soit en comptabilité, en ingénierie, en géomatique... », alors que les besoins sont criants.

Notre région a généré 61 000 emplois depuis 2002 et cette performance se reflète sur le niveau d'emploi de ceux et celles qui sortent de l'école. Québec fait mieux que Ottawa, Halifax et Calgary à ce chapitre.

Vous l'aurez sans doute constaté dans votre milieu, mais la proportion des immigrants a presque doublé entre 2002 et 2012, passant de 2,8 % à 5 % et, ce qui est remarquable, observe Alain Kirouac, le taux de rétention est très élevé.

 

Le mot-clé, c’est d’acquérir une spécialisation.

Isabelle Claveau, qui dirige le bureau d'Adecco à Québec, abonde dans le même sens qu'Alain Kirouac et incite les futurs travailleurs à acquérir une formation technique, de niveau collégial ou universitaire, et à se perfectionner par la suite s'ils en sentent le besoin. Le mot-clé, c'est d'acquérir une spécialisation. L’entrée sur le marché du travail permet de réaliser si on a fait, ou non, le bon choix pour sa vie professionnelle. « Nous recevons beaucoup de jeunes enseignants qui ne souhaitent pas enseigner », note-t-elle en entrevue. Elle souligne que les métiers d'avenir sont tributaires de la réalité sociale et économique. Le Plan Nord est désormais moribond et modifie la demande dans certains métiers. Le ralentissement dans les projets d'investissement et la commission Charbonneau ont des effets sur les perspectives des étudiants en génie.

 

 

QUÉBEC A ÉLIMINÉ L'ÉCART SALARIAL AVEC MONTRÉAL, CE QUI AMÉLIORE LE POUVOIR D'ATTRACTION DE LA VILLE.

 

 

Données sur les postes à pourvoir au ministère de la Santé d'ici trois ou quatre ans :

Infirmiers et infirmières 4 258

Infirmiers et infirmières auxiliaires 1 434

Travailleurs sociaux 998

Psychologues 425

Pharmaciens et pharmaciennes 362

Physiothérapeutes 188

Audiologistes 41

Orthophonistes 38

 

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