PUBLICITÉ

Le ministre Denis Lebel

30 octobre 2013 - Par Donald Charette

« Il est complètement faux de prétendre que nous voulons gouverner sans le Québec. Quand je me retrouve autour d'une table, avec dix ou onze collègues, j'aimerais bien qu'il y ait d'autres élus du Québec », affirme le nouveau lieutenant politique de Stephen Harper, le ministre Denis Lebel.

Depuis qu'il a remplacé Christian Paradis, Denis Lebel a sillonné le Québec de long en large et répète avec de la conviction dans la voix : « Nous n'avons pas fait une croix sur le Québec. Le message, c'est que les conservateurs sont en marche. »

Il a un titre interminable (ministre de l'Infrastructure, des Collectivités, des Affaires intergouvernementales, responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec… ouf !), mais, surtout, c'est le nouvel homme fort qui fait le lien entre le premier ministre du Canada et le Québec.

Au cours d'une entrevue accordée au magazine PRESTIGE, il a expliqué son plan de match. Le Parti conservateur, qui ne compte plus que sur cinq élus québécois, entend bien reconquérir notre région. Au départ, il refuse de se comparer à Christian Paradis, sinon pour mentionner qu’ils ont « des styles différents » et préciser que, toute sa carrière, entre autres comme maire de Roberval, l'a mené à être « très près des gens ».

Visiblement, le Parti conservateur estime être en terreau fertile, si bien que la vague orange serait un phénomène éphémère. « Lors des dernières élections, il y avait une conjoncture. Nous avons assisté à un renversement du vote la dernière semaine. Qui aurait dit que nous aurions plus de députés que le Bloc ? »

 

Le journaliste Donald Charette en entrevue avec le nouveau lieutenant politique du Québec. - Photo : Alexandre Zacharie

 

Sans surprise, Denis Lebel identifie l'économie et la création d'emplois comme la clé d'une réélection. Le Canada, dit-il, fait l'envie des pays industrialisés en raison de sa croissance économique, de la solidité de son système bancaire et du contrôle de sa dette. « C'est notre priorité, alors que celle de Justin Trudeau, c'est de légaliser le pot. Thomas Mulcair, chef du NPD, veut augmenter les taxes, 21 milliards $ seulement avec sa taxe sur le carbone. Depuis que nous sommes au pouvoir, les familles ont 3 200 $ de plus dans leurs poches », affirme celui qui se réchauffe pour la prochaine campagne électorale dans deux ans.

 

«  Il est complètement faux de prétendre que nous voulons gouverner sans le Québec. »

Le ministre défend bec et ongles son chef et certaines politiques impopulaires. Si Stephen Harper apparaît si froid, c'est sans doute parce qu'il est « un peu gêné » de nature, explique le ministre. « Il passera à l'histoire comme un grand premier ministre sur le plan de l'économie. Par ailleurs, ce n'est pas banal qu'il commence tous ses discours en français, autant ici qu'à l'étranger. Il aime le Québec », ajoute son lieutenant québécois.

Ce régionaliste défend la réforme de l'assurance emploi. Il trouve anormal que dans le Bas-Saint-Laurent, par exemple, une entreprise soit contrainte d'embaucher 30 Philippins, alors que des travailleurs touchent un chèque de chômage. La formation est peut-être déficiente, selon lui, dans certains cas. Il enjoint aux électeurs de « laisser travailler le système », convaincu que la réforme sera appliquée avec intelligence, notamment avec la clause des 100 km. Incidemment, il a peu de considération pour la commission Duceppe, décrite comme un « simple outil de la gouvernance souverainiste ».

Le gouvernement fédéral a mal paru dans la tragédie de Lac-Mégantic. Sans commenter directement, il soutient que les reportages ne rendaient pas justice à la compassion qu'il avait exprimée, au nom du gouvernement, sur place.

Dans le dossier de la création d'une Commission des valeurs mobilières canadiennes, son gouvernement se heurte à une opposition généralisée au Québec. Denis Lebel plaide qu'il faut « se donner cet outil-là », sans compter que le Québec a tout le loisir d'exercer son opting out.

En entrevue, il tient à expliquer pourquoi certains dossiers fédéraux mettent bien du temps à se régler. « Le Québec est la seule province où l’on ne peut pas transférer de l'argent aux municipalités. Il faut faire transiter par les Affaires municipales les montants priorisés pour des projets. Quand il y a des délais administratifs, on entend souvent que c'est la faute du fédéral. »

Le dernier budget réservait une somme de 53 milliards $ pour des infrastructures et ces montants seront disponibles le 1er avril 2014, après négociation avec les provinces.

Philosophe, il constate qu’il est rentable politiquement de « mordre le mollet du fédéral ».

Autres articles dans cette édition

PUBLICITÉ
X
www.220km.net

www.medicaments-24.net

https://onlyyou.od.ua