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L’importation privée de vin : Pourquoi, pour qui, lesquels et comment ?

26 mai 2017 - Par Kler-Yann Bouteiller

Les vins issus de l’importation privée n’ont jamais eu autant le vent dans les voiles qu’en ce moment. Si cette pratique fut un temps la chasse gardée de quelques restaurateurs, elle s’est aujourd’hui considérablement démocratisée et fait de plus en plus d’adeptes. La Société des alcools du Québec (SAQ) étudie d’ailleurs sérieusement ce marché pour peut-être l’intégrer à son système actuel d’ici deux ans. Mais que se cache-t-il vraiment derrière l’ « IP » comme on l’appelle couramment ?

Quel intérêt ?

Dans un premier temps, l’achat de vins issus du marché de l’importation privée vous fera découvrir des produits provenant de régions ou de pays moins connus et donc, moins représentés en succursale. Les grands succès naissent généralement grâce à une poignée de passionnés qui, un jour, ont découvert un vin bien particulier. Ils décident ensuite de le faire découvrir au maximum de gens possible. En ce sens, l’importation privée représente un beau tremplin pour certaines régions vitivinicoles qui deviendront peut-être les régions tendance de demain. Le Jura en est un parfait exemple : cette région de l’est de la France n’était que très peu représentée en succursale il y a à peine cinq ans. L’importation privée a fortement contribué à l’essor des vins de cette région. Il en va de même pour les vins autrichiens, dont la croissance en SAQ a augmenté de 74 % en deux ans.

L’importation privée représente aussi un intérêt pour les vignerons qui ne produisent que de petites quantités chaque année, ne pouvant espérer implanter leurs vins dans la catégorie des produits réguliers, entre autres à cause des budgets colossaux à déployer. Les produits de spécialité seraient alors une option, mais là encore, le nombre de caisses à fournir et les budgets à considérer sont des freins considérables pour plusieurs petits producteurs.

Si vous combinez ces deux raisons, il paraît donc difficile, voire impossible pour la cave Verdier-Logel, installée dans la région du Massif central en France, d’entrer sur les tablettes avec ses vins des côtes du Forez dont elle ne produit que 30 000 bouteilles par année sur seulement 16 hectares de surface totale. Une région justement marginale, inexistante en SAQ et que j’affectionne particulièrement en période estivale.

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Qui devrait se tourner vers l’importation privée ?

Tout le monde. Il ne faut surtout pas y voir un univers élitiste. Si vous aimez vous construire une petite réserve, constater les différences d’une bouteille à l’autre à la suite du vieillissement, partager vos achats avec des amis ou encore, être l’un des seuls à avoir le vin que peu de personnes connaissent, ce mode d’achat est très certainement une bonne avenue pour vous. Bien entendu, cela ne vous empêche pas de continuer à fréquenter les succursales, qui offrent tout de même près de 14 000 produits différents.

Des vins en particulier ?

Parmi les vins qui bénéficient actuellement d’un fort engouement de la part des agences de vins en importation privée figurent les vins orange. Il s’agit en fait de l’une des plus vieilles techniques de vinification qui consiste à laisser macérer les peaux des raisins blancs avant la fermentation. Le résultat est épatant, tant sur le plan de la couleur, plus foncée (orange), que sur le plan de la texture et de l’expression aromatique. Vous trouverez au sein de l’agence Le vin dans les voiles, une superbe expression de vin orange, élaboré par Massimiliano Croci, le Valtolla bianco 2015. L’agence La QV propose quant à elle un vin orange de carignan blanc en appellation Coteaux de Béziers, élaboré par Marcel Gisclard, l’un des premiers producteurs français à être allés en Géorgie pour visiter les exploitations viticoles et comprendre leurs méthodes de vinification et d’élevage.

En Autriche, le grüner veltliner, le blaufrankisch ou encore le zweigelt sont trois cépages qui marquent l’identité de magnifiques cuvées que l’on n’a pas encore l’habitude de déguster tous les jours. Je pense ici aux domaines Wieiniger (agence Vinealis), NikolaÏhof (agence Wards et associés), Geyerhof et Jurtschitsch (agence Rezin), pour ne citer que ceux-là.

Enfin, l’engouement envers les vins nature (des vins issus de pratiques non interventionnistes et très peu, voire pas du tout soufrés) a littéralement explosé depuis quelque temps. S’il est encore difficile de retrouver ce style de vin sur les tablettes, bien qu’un effort soit fait en ce sens (des noms comme Lapierre, Occipinti, Descombes, Labet sont de bons repères), quelques agences essaient de concentrer leurs efforts sur ce type de produit. Je pense notamment à celles-ci : Importations du Moine, Ward et associés, Glou, La Qv, Le vin dans les voiles, Vinéalis et bien d’autres.

Comment s’y prendre ?

Avant que vous passiez à l’étape des commandes, voici quelques conseils pour bien vous en sortir.

01. Choisissez des agences qui vous ressemblent. Rien ne sert de magasiner auprès de toutes les agences. Généralement, quatre ou cinq agences devraient être capables d’étancher votre soif de découvertes. Quand vous achetez une auto, vous hésitez en général entre deux ou trois compagnies ; vous ne faites pas le tour de tous les concessionnaires. Il en va de même pour le vin. Prenez le temps d’explorer le site de l’agence en question, parcourez la liste des vins, repérez les forces de chacune.

02. N’hésitez pas un instant à suivre vos agences préférées sur les réseaux sociaux. Vous serez alors aux premières loges pour les nouveautés, événements, visites de vignerons…

03. Trouvez-vous trois ou quatre amis qui partagent la même passion que vous. Ainsi, en achetant une caisse de vin (généralement 12 bouteilles, parfois 6, plus rarement 3), vous pourrez facilement la partager pour ne pas avoir à assumer le coût total d’une caisse complète.

Vous êtes prêt ?

Pour commander, vous n’avez qu’à communiquer avec l’agence par courriel ou par téléphone. La SAQ vous préviendra de l’arrivée de votre commande et il ne vous restera qu’à aller la chercher et à payer sur place. À ce propos, certaines agences pratiquent un système de double facturation. Ne voyez pas cela comme une facture supplémentaire. En fait, au lieu de payer le prix total à la SAQ lorsque vous irez chercher votre caisse de vin, une partie des frais vous sera facturée directement par l’agence. Vous aurez donc à faire un paiement (dit de frais d’agence) directement à l’agence en question, et un autre paiement à la SAQ. Quoi qu’il en soit, le cumul des deux factures correspond au prix que l’on aurait dû vous annoncer lors de votre prise de commande. Informez-vous.


Trois suggestions coups de cœur

Maintenant que vous êtes fin prêt,s voici trois coups de cœur estivaux et les agences qui les représentent pour bien démarrer votre aventure dans le monde de l’importation privée des vins.

01. Côtes de Provence rosé 2016, Clos Cibonne
Environ 29 $ - www.lesvieuxgarçons.ca

02. Vienne, Gemischter Satz 2016, Weingut Wieininger
Environ 23 $ - www.vinealis.qc.ca

03. Vin de France, Ange 2014 (pinot noir), Domaine de L’Écu
50 $ - www.raisonnance.net

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