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L’expérience Land Rover

7 octobre 2014 - Par Frédéric Masse

— Tu peux essayer de démarrer en deuxième vitesse en plein milieu de la pente.

— Sérieusement ?

— Oui.

— Pensez-vous que je peux le faire en troisième ?

— Essaie, on verra. Dans le pire des cas, tu caleras.

 

Un peu de fébrilité dans l’air

Cette conversation a lieu entre mon instructeur et moi. À ce moment, je suis à Solihull, en Angleterre, tout juste à côté de l’usine où l’on construit les Land Rover, afin de vivre l’Expérience Land Rover. Le parcours hors route sur lequel nous nous trouvons a été conçu pour que les propriétaires puissent essayer leur nouveau Land Rover. Il permet d’effectuer des montées, d’expérimenter des inclinaisons, de mettre le Land Rover au défi sur des surfaces glissantes et en présence de différents obstacles. Je suis au volant d’un Defender diesel, un imposant camion que nous n’avons pas chez nous, et qui semble avoir été créé pour jouer dans la boue. Après en avoir sué un coup, je suis maintenant zen et je me bidonne.

C’est que j’ai déjà tenté l’Expérience Land Rover, il y a de cela plusieurs années. Je m’étais rendu à Montebello pour tester la plupart des véhicules de la marque. J’avais eu la chance d’essayer le nouveau Range Rover pendant… 30 secondes environ. Après à peine 100 mètres, j’avais été victime d’une crevaison. Qui plus est, l’instructeur qui m’accompagnait n'était nul autre que le président de Land Rover North America lui-même ! Le jeune blanc-bec que j’étais à l’époque se serait volontiers caché sous le véhicule… surtout lorsque ce même instructeur avait dû changer la crevaison. La gêne, je m’en souviens, s’était muée en honte.

C’est ce qui explique la raison pour laquelle j’ai toujours les aisselles humides lorsque je suis au volant d’une Land Rover dans une Expérience Land Rover. Ajoutez à ce souvenir le fait que le volant se trouve à droite et que j’ai à traverser un tuyau étroit, précédé d’un virage très serré, en compagnie d’un instructeur qui se prend un peu trop au sérieux… Sueurs, malaises et incertitudes sont à nouveau au rendez-vous. Bien que j’adore la conduite hors route, des images de crevaison et de pneu à changer me reviennent en tête, mais cette fois-ci, je me dis que je réparerai le tout moi-même. « C’est passé », me dit alors mon instructeur, qui lit probablement un peu de frayeur sur mon visage. Ouf…

Il faut reconnaître que les choses ont bien changé depuis cette lointaine expérience. Les Land Rover, surtout ce gros Range, sont bourrés d’aides technologiques, comme des caméras qui permettent de voir sur les côtés et même sous le véhicule, et qui, à mon grand soulagement, facilitent les approches.

Une fois cette épreuve passée, le sourire me revient. Se succèdent alors des pentes abruptes, qui menacent de nous faire chavirer tellement les angles sont prononcés. Mais rien n’y fait. Derrière son allure aristocratique, le Range Rover, muni de son système quatre roues évolué, ne bronche pas.

Puis je change de véhicule pour tenter ma chance avec l’Evoque, ce mini Range que j’ai souvent décrit comme étant un VUS davantage destiné aux dames. Eh bien, je dois dire que j’ai changé d’avis. L’Evoque est capable d’en prendre. N’eût été un dégagement au sol limité, il aurait été capable d’à peu près toutes les entourloupettes du grand Range et du LR4. Par contre, je dois dire qu’on sent rapidement le fond frotter sur les cailloux et qu’il est muni d’un moteur diesel produisant beaucoup de couple, ce qui donne un coup de pouce dans de telles conditions.

C’est ensuite au tour du Defender, une boîte carrée sans manière, pourvue d’un moteur au couple gigantesque. C’est un véhicule manuel en plus ! Une fois le cerveau habitué à changer la vitesse de la main gauche, inutile de vous dire que je prends mon pied. D’autant plus que l’instructeur de conduite hors route qui m’accompagne est l’un des meilleurs et des plus sympas que j’ai connus. Nous rigolons ensemble et ce dernier me motive à chaque instant : « Tu conduis comme un pro. T’as fait ça souvent ? C’est ton métier ? Tiens, prends ma place ! » Autant de boutades qui détendent l’atmosphère, alors que je suis au volant de ce petit balaise. Pourtant, impossible, ou presque, de caler le Defender. Le point de friction et la force du moteur sont tels que l’on peut repartir tout bonnement à partir de la troisième vitesse au milieu d’une côte extrêmement abrupte. « Tu vois, je savais que tu serais capable, Fred », me répète mon instructeur, un grand gaillard à l’accent british si prononcé qu’il faut réellement porter attention à chaque mot pour bien comprendre.

L’espoir retrouvé

Cette expérience termine une belle journée, où nous avons aussi eu la chance de visiter les installations de Land Rover et de Jaguar, et de voir tous les moyens technologiques déployés, dont la réalité augmentée, pour mieux concevoir les futurs véhicules. C’est un grand pas en avant pour les Land et les Jag, qui ont souvent connu des incongruités dans leur construction. Les travailleurs sont de nouveau remplis d’espoir, eux qui ont dû traverser bien des épreuves au tournant des années 2000 et qui ont vécu les années Ford, les pertes financières gigantesques, la revente et maintenant, la relance.

Aujourd’hui, Tata Motors, le constructeur indien qui possède la marque, injecte des sommes colossales dans cette relance, si bien que les ventes ont carrément explosé. C’est maintenant plus de 30 000 personnes qui travaillent dans les différentes usines de Land Rover. Les profits sont revenus, la qualité a été rehaussée d’un bon cran, la fiabilité (ldes Land, mais aussi des Jag) est en hausse et les sourires sont partout.

Un immense merci à Décarie Motors, concessionnaire Bentley, Aston Martin, Jaguar et Land Rover, pour avoir assumé une bonne partie des coûts de ce fantastique périple en Angleterre. Pour plus de détails : decarie.com.

 

 

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