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Ce que l’église Saint-Sacrement nous rappelle

30 mars 2018 - Par Jean-Marie Lebel, historien

À la croisée de la nef centrale et du transept. © Daniel Abel

Lorsqu’il y a 95 ans fut inaugurée l’église Saint-Sacrement, la côte Saint-Sacrement s’appelait encore la côte des Bell et la famille Ross habitait toujours le vieux domaine de Samuel Holland. Cependant, sur le chemin Sainte-Foy, aux abords de l’église, des marchands et des notables s’installaient. Une nouvelle paroisse et un nouveau quartier naissaient.

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L’imposante façade de l’église Saint-Sacrement domine le chemin Sainte-Foy. © Daniel Abel

Une église au-dessus des toits et des champs

L’église Saint-Sacrement nous rappelle que nous sommes des bâtisseurs de cathédrales, que nous voyons grand et que nous défions le temps. On travaillait encore à la construction de la grande église Saint-Roch lorsqu’en 1920, les pères du Très-Saint-Sacrement se lancèrent dans la construction d’une église encore plus ambitieuse. Et, pourtant, cela ne faisait que sept ans que le chemin Sainte-Foy et ses abords, à l’ouest de l’avenue Salaberry, ainsi que tout le territoire de Ville-Montcalm avaient été fusionnés à la ville de Québec. Et lorsqu’en 1924, on érigera la paroisse du Très-Saint-Sacrement, détachée de la paroisse Notre-Dame-du-Chemin, il restera encore bien des champs et des grands domaines à lotir.

Le 16 septembre 1923, lors des journées de célébrations du grand Congrès eucharistique national de Québec, on avait vu une impressionnante délégation quitter le centre-ville et se rendre à la nouvelle église Saint-Sacrement. En présence d’une dizaine d’évêques et d’une centaine de prêtres, le cardinal Bégin avait béni et inauguré le nouveau temple.

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Un angelot orne l’un des chapiteaux de l’église. © Daniel Abel

L’expression d’une foi

L’église Saint-Sacrement nous rappelle que nous appartenons à une civilisation chrétienne deux fois millénaire. C’est depuis une époque très lointaine que l’Église catholique reconnaît sept sacrements. Et c’est l’un d’entre eux, l’eucharistie (ou la communion) que l’on prit coutume de désigner « le saint sacrement ». C’est pour l’expansion de la dévotion au saint sacrement que le vénérable Pierre-Julien Eymard fonda la communauté des pères du Très-Saint-Sacrement à Paris en 1856. En 1903, au temps des mesures anticléricales d’Émile Combes, les pères du Très-Saint-Sacrement furent chassés de la France. Un certain nombre d’entre eux se réfugièrent au Canada. C’est en 1915 qu’ils s’établirent sur le chemin Sainte-Foy, y construisant un noviciat et une première église. De nombreux Québécois se joignirent depuis lors à cette communauté et un certain nombre d’entre eux résident encore dans le monastère à l’arrière de l’église.

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En façade, ornant le principal portail d’entrée, cette mosaïque représente une apparition du Christ à sainte Marguerite-Marie Alacoque au 17e siècle. © Daniel Abel

Des racines médiévales

L’église Saint-Sacrement nous rappelle que nous sommes des Français d’Amérique, toujours liés à la France, puisant même dans le lointain Moyen Âge français. Avec ses puissantes tours carrées et sa grande rose, la façade de l’église Saint-Sacrement a des airs de parenté avec Notre-Dame de Paris et d’autres cathédrales de France. Il en est aussi ainsi pour l’intérieur de l’église, avec ses trois nefs, ses grandes arcades, son triforium, son clair-étage.

Pour concevoir l’église Saint-Sacrement, les architectes Charles Bernier de Montréal et Oscar Beaulé de Québec, assistés par les abbés Jean-Thomas Nadeau et Alphonse Têtu, furent influencés par l’église Notre-Dame-de-la-Croix de Paris (1863), qui était un heureux mélange de lointaines traditions architecturales françaises. Ce qui explique pourquoi notre église Saint-Sacrement est romane dans ses détails et ses arcs en plein cintre, mais gothique dans ses proportions et ses élévations.

L’église Saint-Sacrement nous rappelle aussi que depuis de nombreuses décennies, des gens de toutes nationalités et de toutes confessions ont fait du quartier Saint-Sacrement leur milieu de vie et que pour eux, l’église Saint-Sacrement est un point de repère familier, une œuvre d’art, un patrimoine, un lieu de recueillement. Il y a de ces édifices que tous s’approprient comme un précieux héritage.

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Au fond du transept ouest, le tombeau-reliquaire à la mémoire du vénérable Pierre-Julien Eymard. © Daniel Abel

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