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Bien s’entourer pour mieux réussir le transfert d’entreprise

30 mars 2018 - Par Johanne Martin

Tous les experts s’entendent pour dire qu’un transfert d’entreprise constitue une expérience généralement hautement émotive pour le cédant ; que l’opération se doit d’être soigneusement planifiée, s’échelonner dans le temps et être encadrée par des professionnels. Le lâcher-prise de la part de l’entrepreneur et l’intégration des repreneurs exigent connaissances et doigté.

Avec le départ à la retraite d’un grand nombre de baby-boomers, la relève et le transfert d’entreprise tendent à devenir une préoccupation majeure en ce qui a trait au développement économique du Québec. Des statistiques conservatrices indiquent qu’au cours des 10 prochaines années, environ 30 000 propriétaires pourraient céder ou transférer leur entreprise. Certains vont même jusqu’à avancer le chiffre saisissant de 60 000.

Des statistiques conservatrices indiquent qu’au cours des 10 prochaines années, environ 30 000 propriétaires pourraient céder ou transférer leur entreprise. Certains vont même jusqu’à avancer le chiffre saisissant de 60 000.

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Mouvement d’envergure s’il en est un, il renvoie fatalement à une autre réalité : celle de la survie des organisations d’une génération à une autre. Selon Maripier Tremblay, professeure au Département de management de l’Université Laval, les entreprises qui réussissent le passage de la première à la deuxième génération sont à peine 30 %, de la deuxième à la troisième, entre 10 et 15 %, et de la troisième à la quatrième, de 3 à 5 %.

Si un peu plus du tiers seulement de ceux qui sont présentement assis sur le siège du conducteur se disent prêts à amorcer le processus de transfert, la Chaire sur la relève et sur l’entreprise familiale de HEC Montréal en a établi les conditions gagnantes. Ainsi, la présence d’un repreneur crédible, la détermination d’un rôle précis pour le dirigeant après la transmission et l’identification d’une date d’échéance font partie des éléments clés.

Un sujet tabou

« Trouver une relève, ce n’est pas simple ! » fait valoir Jean Roy, vice-président régional pour la région de Québec et Chaudière-Appalaches aux Fonds régionaux de solidarité FTQ. « Ce que l’on constate par ailleurs, c’est que les gens ne sont habituellement pas très bien préparés et que le sujet est tabou. On ne veut pas créer d’insécurité dans l’entourage, alors on n’en parle pas. Annoncer à ses employés, ses clients, ses fournisseurs ou à ses intervenants financiers que le capitaine veut quitter le navire demande du doigté et ne se réalise pas à l’improviste. Le transfert arrive souvent lors d’un événement non désiré, comme un départ précipité par la maladie. »

S’il importe de savoir où l’on va à travers la démarche, il est encore plus fondamental de savoir comment s’y rendre. Car une entreprise ne peut jamais valoir davantage que ce qu’il est possible de transférer. Si le propriétaire part, l’organisation doit pouvoir poursuivre avec la même capacité. Rien ne doit être laissé au hasard et une préparation adéquate s’étale sur au moins cinq ans, voire 10 selon plusieurs spécialistes.

Pour une maximisation des chances de succès, il s’avère donc judicieux que la réflexion puisse s’amorcer tôt relativement à l’avenir de l’entreprise et que, promptement, des professionnels soient consultés pour donner une idée claire des décisions comptables, fiscales, juridiques et financières à prendre pour l’organisation. Il est en outre conseillé d’intégrer le ou les repreneurs dans cette planification et de les associer au processus.

Des questions cruciales

Quels sont les projets du cédant après le transfert ? Le repreneur a-t-il été choisi ? La confiance est-elle au rendez-vous ? À quoi ressemble la valeur marchande de l’entreprise ? Est-il possible d’obtenir un financement efficient ? Le contexte fiscal est-il favorable ? Un portrait diagnostique de l’environnement interne et externe entourant l’organisation aide à concevoir un plan de relève juste et réaliste qui assurera la réussite de l’opération.

« Chez Groupe Financier Stratège, l’entièreté de la situation est prise en compte. Nous sommes en mesure de réunir les compétences comptables, financières, fiscales et légales essentielles à la bonne marche du projet. Nous affectons les meilleures ressources aux bons endroits en gardant toujours en tête que 80 % du succès du transfert repose sur la compréhension des individus, l’aspect émotif », dévoile le président, Gabriel Couture.

« Chez Groupe Financier Stratège, nous affectons les meilleures ressources aux bons endroits en gardant toujours en tête que 80 % du succès du transfert repose sur la compréhension des individus, l’aspect émotif. » ‒ Gabriel Couture, président fondateur, Groupe Financier Stratège. © Christyna Mérette

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Gabriel Couture, président fondateur, Groupe Financier Stratège. © Christyna Mérette

La mobilisation des acteurs stratégiques, la considération des besoins financiers actuels et futurs, la réalisation d’une réflexion stratégique approfondie, l’analyse de l’ensemble de la dimension fiscale, la recherche du financement nécessaire et le déploiement du processus de transfert font tous partie du cheminement proposé par le cabinet de services financiers. « Nous sommes présents à chacune des étapes ! » confirme M. Couture.

Une occasion favorable

Le transfert d’entreprise peut être vu comme une occasion favorable de consolidation du positionnement. Une routine d’affaires s’est bien souvent installée et une réorganisation peut être souhaitable afin de renforcer la pérennité de l’entreprise. Il s’agit de clarifier les choses dès le départ, à savoir quels seront les limites des ingérences et les rôles de chacun, mais aussi les concessions qui devront être faites par les parties concernées.

« Toute cette préparation est à la base de l’harmonie entre les personnes et de la motivation des éventuels repreneurs à s’investir dans l’entreprise pour la faire prospérer, tient à rappeler Jean Roy, des Fonds régionaux de solidarité FTQ. Pour notre part, notre rôle consiste à offrir un soutien précieux. À titre de société de financement proposant du capital de développement, nous intervenons comme de véritables partenaires. Nous avons la préoccupation de structurer notre proposition pour qu’elle offre de la souplesse et qu’elle permette aux repreneurs de réaliser les objectifs qu’ils se sont fixés. »

« À titre de société de financement proposant du capital de développement, nous intervenons comme de véritables partenaires. Nous avons la préoccupation de structurer notre proposition pour qu’elle offre de la souplesse et qu’elle permette aux repreneurs de réaliser les objectifs qu’ils se sont fixés. » ‒ Jean Roy, vice-président régional pour la région de Québec et Chaudière-Appalaches aux Fonds régionaux de solidarité FTQ.

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Jean Roy, vice-président régional pour la région de Québec et Chaudière-Appalaches aux Fonds régionaux de solidarité FTQ.

Le transfert d’une entreprise – que la professeure Tremblay préfère qualifier de trajectoire plutôt que de processus – entre un cédant et un repreneur peut être comparé à une danse, a-t-elle déjà dit. « Voilà un exercice complexe pour lequel il faut trouver un rythme qui convient à l’un et à l’autre afin d’éviter de se marcher sur les pieds. La communication y est fondamentale et il est primordial d’éveiller le plus possible les consciences. »

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